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L’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme
La prison « Abu Greïb » mauritanienne
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report on Mauritania
01/25/2005
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Amnesty International
MAURITANIE
Vague d’arrestations d’opposants politiques
et d'imams
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Observatoire mauritanien des droits de l’Homme
18 avril 2006
Communiqué
L’exécutif mauritanien s’entête à accuser injustement des détenus d’opinion
L’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme est heureux d’éclairer
l’opinion nationale et internationale sur la réalité des détenus d’opinion que
le pouvoir exécutif s’entête à accuser injustement de violence et de liaison
avec les groupuscules extrémistes.
Il est en effet notoire qu’il s’agit pour l’essentiel d’imams de mosquée
innocents, arrêtés il y a un an par le régime déchu de Ould Taya dans le but de
faire croire à l’existence d’une menace terroriste en Mauritanie et de
bénéficier ainsi de l’appui politique et l’aide financière des Etats-Unis
d’Amérique. Les accusations sont une pure invention, à la limite du risible
pour qui connaît les activités strictement pacifiques des plus âgés des
prisonniers que sont l’érudit Cheikh Nawawi, directeur de l’université
traditionnelle de « Bir al-Khaïr » et l’imam Abdallahi Ould Aminou, responsable
des activités culturelles et caritatives de la moqué Al-Ikhlas.
Ces détenus d’opinion avaient d’ailleurs naturellement bénéficié d’une décision
de libération provisoire, ordonnée, juste après la chute du régime, par le juge
d’instruction chargé du dossier. Il est toutefois regrettable que cette
décision reste, en violation flagrante de la loi, bloquée depuis 7 mois par le
procureur général de la cour suprême. Il est encore plus malheureux que le
pouvoir exécutif s’entête dans sa violation du devoir de réserve et persiste
dans la logique du régime déche, déjà stigmatisée par le rapport de CRISIS
GROUP.
On se trouve donc aujourd’hui devant une situation d’injustice caractérisée, où
une vingtaine de détenus d’opinion, déjà sauvagement torturés sous le règne du
régime déchu, sont enfermés sans jugement ni libération.
Circonstances aggravantes, ces détenus d’opinion gardent encore aujourd’hui
certains handicaps causés par la torture. Certains parmi eux ne peuvent même
pas s’assoire convenablement sans ressentir d’affreuses douleurs. Quand on leur
accorde de voir un médecin, le diagnostique du médecin est effectué en présence
d’une si imposante escorte militaire que le praticien, troublé par ce climat de
crispation, renonce à l’examen profond du malade et lui prescrit juste les
petits calmants d’usage.
Ces détenus n’ont en plus jamais bénéficié des deux heures quotidiennes de
sport prévues par la loi. Ce droit aurait justement pu leur permettre de
respirer, l’espace d’un moment, de l’air frais, nécessaire à leur état de
santé. Il est également à déplorer que ces détenus soient continuellement sous
deux caméras de surveillance, qui restent braquées sur eux même lors de la
visite de leurs épouses, les privant ainsi totalement de leur intimité.
L’observatoire mauritanien des droits de l’Homme qui suit de prêt la situation
:
- Condamne l’entêtement du pouvoir exécutif dans son accusation mensongère dont
l’objectif est de tenter la justification morale de l’emprisonnement au-delà de
toutes les limites légales des détenus d’opinion.
- S’indigne des conditions de détention et du traitement infligés à des
personnes déjà sauvagement torturées, alors même que leurs bourreaux continuent
ostensiblement l’exercice de leurs « fonctions » contre d’autres malheureuses
victimes.
- Accuse le procureur général de la cour suprême de faire une entorse à la loi
par son blocage, 7 mois durant, de la décision de libération provisoire
accordée par le juge d’instruction chargé du dossier.
- Appelle le ministre de la justice à assumer sa responsabilité dans le
rétablissement dans leurs droits de ces détenus d’opinion.
- Invite les organisations de défense des droits humains à ne pas se laisser
intimider par la gravité des accusations du pouvoir exécutif et les appelle à
assumer leur responsabilité dans la défenses des opprimées, quelques soient
leurs opinions.
- Attire l’attention de toutes les forces vives de notre peuple sur
l’importance de cette injustice et son incidence sur l’avenir des libertés dans
notre pays. Il serait une grave erreur de laisser la ruée vers les élections
nous faire oublier notre devoir de solidarité avec le citoyen torturé et privé
de sa liberté.
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